03 février 2008

Bulletin n°43 Septembre 2007

Amis lecteurs, nous attirons votre Attention dès maintenant sur une importante initiative de DS : comme vous avez ou le constater, notre activité de solidarité s’est beaucoup développée. Mais cela coûte et les cotisations ne peuvent y suffire. Nous allons donc ouvrir une souscription permanente pour vous permettre de nous y aider. Nous y reviendrons bientôt plus en détails quand nous en aurons mis au point, les modalités.

OMNIPRESENCE, OSTENTATION ET OUVERTURE
C’est sous le signe de ces trois « 0 » que le Président de la République a entendu marquer le début de ce qu’il faut bien appeler son règne. Sa participation au Tour de France en a été un moment signifiant. Grâce à la généralisation de la vidéo surveillance, nous sommes en mesure de rendre publics en « pas de quoi rire », quelques extraits de son agenda pour les prochaines semaines.

CERCLE TRES VICIEUX
Un Président de la République qui décide de tout, « Je fais », « je veux », « je décide », et tous les autres ne sont que ses exécutants Alors tout-le-monde s’adresse à lui, et seulement à lui : « nous voudrions », « nous vous demandons », à lui directement, et à lui seul, puisque c’est lui décide., et il devient de plus en plus chef. Ce Qu’il Faut Déplorer.

« TAISEZ-VOUS, MEFIEZ-VOUS »
Ce n‘est pas parce que l’aventure est arrivée au secrétaire général de l’U.M.P. ni parce que c’est une femme qui a été injuriée que nous devons nous en réjouir. Pas plus qu’il n’y a de guerres justes il n’y a de violations satisfaisantes de droits élémentaires. Si l’on admet qu’on puisse faire un scandale public avec un propos tenu dans une conversation privée parce qu’une caméra indiscrète tendait l’oreille, n’importe qui peut en être victime à tout moment pour n’importe quoi ..Pendant la guerre de 14-18 un tract alertait contre l’espionnage dans ces termes : « taisez-vous, méfiez-vous, des oreilles ennemis vous écoutent » Va-t-il falloir maintenant généraliser la recommandation de prudence au quotidien.

UN REMARQUABLE V.R.P.
Et un VRP multicartes qui, au 7 / 9 de France Inter le 2 juillet a vanté les avantage offerts par les nouveaux fournisseurs de gaz et d’électricité. La prestation ne vaudrait pas d’être évoquée si elle n’avait pas été l’œuvre (un chef d’œuvre) de l’employé du Président de la République sévissant sous le titre trompeur de Ministre de la Consommation, qui, cerise sur le gâteau, a ajouté « on ne peut pas parler de risques d’augmentations de tarifs, il s’agit simplement du jeu normal de l’offre et de la demande » et d’insister sur l’avantage à quitter EDF et GDF. Pour un ministre de la consommation, la confusion des genres est consommée, Mais comment peut-(on crier à la dégradation de la notion de service public ? S’agissant d’un dépositaire de la puissance publique c’est au contraire la création d’un nouveau service « public » : le service public de la marchandisation.

CABINET DE L’OMBRE
Nous évoquions dans le précédent numéro les avancées pernicieuses du bipartisme à l’anglo-saxonne.. C’est bien d’outre-manche que nous vient l’exemple du « shadow-cabinet » Et quand on voit la majorité offrir un poste de président de commission à l’opposition, et celle-ci l’accepter alors qu’il y aura un rapporteur de la majorité et que le poste de Président ne sera qu’une caution, on est en droit de s’interroger sur une évolution qui intégrerait la contradiction dans la logique du système..

SOURIEZ, VOUS ETES FILMES
Où est le temps où les ados rêvaient d’être starlettes ? Désormais nous allons tous être vedettes, et les archéologues des années 4.000 disposeront de documentaires exceptionnels sur la vie quotidienne du 21è siècle. Ils pourront suivre un individu de son lever à son coucher, et même dans son sommeil, et dans ses toilettes. Vous dites que les caméras de surveillance sont seulement pour les lieux publics ? Mais si l’on vous demande d’en installer chez vous (pour votre sécurité, évidemment).et si vous refusez, on se demandera ce que vous pouvez avoir à cacher et vous serez fiché comme suspect de terrorisme.

IMMIGRATION ECONOMIQUE
Voilà bien la rupture avec la vieille catégorisation des droits fondamentaux : Quel archaïsme que cette notion du rapprochement familial qui fondait l’immigration sur le droit à sa famille ! Le premier droit, qui doit prévaloir sur tous les autres, ce n’est plus non plus le droit de propriété, mais le droit àç l’exploitation, droit universel et égalitaire s’il en est puisqu’il inclut le droit d’être exploité et celui d’exploiter. Quoi donc de choquant à ce que le seul critère de l’immigration soit celui de la fourniture de main d’œuvre ?

SOLIDARITE ? BIEN SUR !
On s’indigne des mesures fiscales parce qu’elles profitent aux riches ? C’est pourtant normal : si l’on veut être équitable, ce doit être réciproque et chacun son tour. C’est aujourd’hui le tour les pauvres de faire preuve de solidarité avec les riches.

« CAPITALISME POPULAIRE »
L’illustration nos en est donnée par AXA, qui vient d’attribuer 50 actions gratuites à chacun de ses salariés et promet de recommencer en 2009. Mais l’assemblée des actionnaires veillait au grain : cela ne devra pas dépasser 0,07 % du capital. On respire !

D’UNE NOUVELLE CULTURE JUDICIAIRE MEDIATICO POLITICIENNE
L’affaire « Clearstream » n’aura décidément pas été matière à donner à la justice l’image de ses courants les plus clairs. Loin de nous l’idée de nous égarer à nous passionner pour un roman dont les épisodes balancent entre le spectacle de coulisses politiciennes dignes des pires décadences et les diversions pour l’amusement des badauds, ou encore à prendre la défense d’un ex-premier ministre qui serait la victime de l’imperium sarkozien. Mais que penser du ridicule de ce contrôle judiciaire interdisant à un Villepin de rencontrer un Chirac ? Un enfant pouvant comprendre qu’ils n’ont pas besoin de se rencontrer pour se concerter, une telle mesure ne peut avoir aucune autre raison que son effet médiatique. S’en délectera qui pourra.

D’UNE AUTRE DIVERSION MEDIATICO-JUDICIAIRE
Autre dossier à épisodes, celui dit du juge Burgeaud dont rien ne peut faire oublier qu’il n’est qu’un bouc émissaire. Comment lui reprocher à lui seul d’avoir ajouté foi à la parole des enfants quand plusieurs experts psycho-pédiatres ont commis la faute majeure de l’y induire ? Et comment comprendre qu’il soit seul déféré au Conseil supérieur de la Magistrature, et que ne le soient pas les membres de la juridiction collégiale qui ont ponctuellement confirmé ses décisions ? De cela aussi se délectera qui pourra.

LA PREUVE PAR EADS
Pour contester l’abandon de maîtrise de nos affaires que représenteraient les transferts de compétence à l’Union Européenne, il nous est arrivé de citer Airbus comme exemple de possibilités de coopération sans instituer une autorité politique supra-souveraine. Et voici que même cela craque, l’antagonisme des intérêts nationaux respectifs reprenant le dessus. Cela démontre que les réalités sont les plus fortes comme la diversité des peuples et des Etats-Nations et comme leurs instruments de maîtrise : tout ce qui peut être fait ou tenté pour les ignorer ou leur faire violence est appelé à craquer un jour. Il est clair que le prix à payer pour cela ne peut pas être le même dans le cas d’une libre association de coopération ou d’un corsetage supra-étatique et qu’il n’y a pas de nationalisme pervers à donner priorité à la propre maîtrise de ses conditions de développement

C.I.G. : CHUT !
Une « Commission Inter Gouvernementale » s’est réunie à Bruxelles le 23 juillet. Des « experts juridiques » vont se réunir à Lisbonne les8 et 9 septembre, le tout dans la plus grande confidentialité. Ne les dérangeons surtout pas, ils travaillent pour nous. Ils nous préparent une surprise et le paquet-cadeau sera ficelé à Lisbonne les 18 et 19 octobre. Il s’agit de ce traité européen enfin assaini de la pollution des consultations populaires.

ETHANOL : FAUX DILEMME ?
Voilà qu’un débat s’instaure autour des projets de développement de la production de carburant vert. L’idée est pourtant séduisante : ne va-t-elle pas dans le sens à la fois d’une préférence pour les sources d’énergie renouvelable, et de la rupture du monopole pétrolier ? Pourtant on ne peut que souscrire à, l’alarme sonnée par Fidel Castro devant le danger : cette fois l’appétit de profits d’autres ogres transnationaux développe ces nouvelles cultures sur des terres soustraites à la culture alimentaire. Et si le FMI servait pour une fois à subventionner la substitution de ces cultures à celles du pavot, du cannabis et de la coca

AFRIQUE : CHERCHEZ LA « RUPTURE »
Quand Sarkozy à Tunis couvre la question des Droits de l’Homme du même manteau pudique que Chirac, quand il fait ami-ami avec les Wade et les Bongo, quand il explique que les malheurs de l’Afrique viennent de l’incapacité de l’Homme Africain à entrer dans la modernité, où donc est la rupture, et avec quoi, sinon un peu plus avec la souffrance africaine ?
« ET L’ONU » (sic) Darfour toujours : à l’occasion de la réunion de Paris, où Condolezza Rice:est venue porter les instructions du patron, on a dit qu’il y avait aussi l’ONU. Ce qui comme pour le quartet revient à faire de l’ONU un organe parmi d’autres, généreusement admis dans la cour des grands. Et tout cela parce qu’était invité le secrétaire général, qui n’est rappelons-le, aux termes de la Charte, que le Directeur Général des services. Tout cela pour créer un climat de transfert de compétence entre l’ONU elle-même (v. ci-dessus) et les concerts de puissances

INGERENCE, INTERPOSITION, INTERCESSION, NE PAS CONFONDRE
Sachant que le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies limite la compétence du Conseil de Sécurité au maintien ou au rétablissement de la paix, si l’envoi au Darfour d’une force de l’ONU devait être pour y mener des opérations de police, ce serait certainement une ingérence car un acte de guerre, contraire à toute légalité internationale. Si par contre c’est pour envoyer une force d’interposition, séparer les combattants et les empêcher de se battre, cela demeure dans la vocation de l’Organisation., Certes il peut y avoir problème quand le conflit n’est pas entre deux
Etats mais entre un Etat et un peuple sous sa juridiction, car les peuples sont censés être représentés internationalement par leurs Etats que leur droit de libre disposition rend intangibles ; Comment alors s’interposer entre un Etat et un peuple sous sa juridiction sans commettre une ingérence? Pourtant, selon la Charte ce sont les Peuples qui sont les « sujets de droit » international, et leurs Etats seulement leurs instruments. Alors vient le principe de primauté de la négociation dans le règlement des conflits, et, de même qu’il n’y a aucune ingérence de la part d’institutions internationales ou même d’autres Etats à intercéder auprès de l’Etat concerné, dès lors qu’ils n’utilisent pas d’autre force que de conviction, il n’y a aucune ingérence de la part de l’ONU a mettre en œuvre ses bons offices entre un peuple et l’Etat qui l’opprime.

DROIT A LA SANTE
(Ceci se veut une modeste contribution à la réflexion en vue de la participation à la conférence internationale organisée par l’AIJD à Genève les 18 et 19 octobre ):Le droit à la santé est l’un des Droits de l’Homme les plus fondamentaux comme conditionnant le droit au bonheur et au développement. Il est en dépendance d’autres droits fondamentaux tels que le droit au logement ou à la sécurité personnelle.. Il appelle des mesures préventives et curatives. Parmi les premières, la protection de l’environnement, le droit de bénéficier des ressources naturelles telles que l’eau et les sources industrielles de bien-être, de bonnes conditions de logement et de travail, le droit aux loisirs, la protection contre la pollution industrielle du bâtiment (amiante, plomb, etc…) et de l’alimentation (exemples de la vache folle, de la grippe aviaire, et problème des OGM). Parmi les secondes, les remèdes à la marchandisation des médicaments tant au stade de la production (affranchissement de la recherche scientifique des critères de rentabilité) que de la distribution (abolition de la « brevettisation » par les firmes). .Pour la réalisation de ces objectifs et le contrôle de leur mise en œuvre, envisager les organes internationaux appropriés avec coopération des ONG compétentes en matière médicale, scientifique et juridique, en liaison avec les moyens nécessaires en matière d’information et d’éducation..

AU NOM DU PERE
Dès le premier procès des infirmières bulgares et du médecin palestinien, l’AIJD, qui avait été la première à sonner l’alarme dès 2000 lors de son congrès de La Havane, avait envoyé des observateurs et multiplié » les protestations auprès des autorités libyennes. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ce qu’une intervention française ait contribué à leur libération. Mais pourquoi faut-il qu’à la faveur d’une rencontre de Khadafi « junior » avec des journalistes sur la croisette, on ait appris qu’il y avait eu à la clef un commerce d’armes ?

BOUCLIER : QUEL « ACCORD » ?
Traitant des bases anti-missiles US en Europe à l’occasion d’une réunion à huis clos entre l’U.E. et la Russie, le Président de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe se serait félicité de ce qu’un accord serait intervenu pour « créer un groupe de contact afin de trouver une solution » et d’ajouter « les citoyens européens ont le droit de savoir pourquoi le bouclier anti-missile est nécessaire en Europe » La « solution à trouver » serait-elle donc seulement de pouvoir dire aux citoyens européens pourquoi ce bouclier US serait nécessaire, après quoi ils seront rassurés et satisfaits ou simplement de dire une bonne fois que la criminalité de l’armement nucléaire (et donc de ses acteurs) n’est pas négociable ?

CHER NUCLEAIRE
Le « perfectionnement » et l’entretien de l’armement nucléaire a coûté à la France en 2006 trois milliards d’euros. A l’Angleterre, le programme de remplacement des Polaris par des Tridents implique 10 milliards d’euros par an pendant 30 ans. Aux Etats-Unis, l’entretien d’une force nucléaire est de 8 milliards par an, et l’installation du bouclier en Pologne et en République Tchèque est évalué à 1, 5 milliard. Et pendant ce temps reste lettre morte l’article 26 de la Charte des Nations Unies qui donne au Conseil de Sécurité mission de mettre sur pied un programme mondial de désarmement afin de « ne détourner vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde »

PAS SEULEMENT LE NUCLEAIRE
Le Traité interdisant les armes anti-personnel ayant été signé par les trois quarts des pays est considéré comme internationalement applicable. Mais il n’en est pas de même des bombes à sous-munitions. Y a-t-il cependant besoin d’un traité pour considérer que ce sont des armes de destruction massive, visant essentiellement les civils, et qui sont illégales et criminelles par nature ?

DE QUI EST-CE ?
« L’opinion est la reine du monde ; comme toute les reines, elle est convoitée et souvent trompée. Les despotes ont besoin de cette souveraine invisible pour affermir leur propre puissance et ils n’oublient rien pour faire sa conquête. Le secret de la liberté est d’éclairer les hommes, comme celui de la tyrannie est de les retenir dans l’ignorance. Un peuple qui connaîtrait ses droits et ses intérêts, qui pourrait se former une idée juste des opérations de ses délégués, serait toujours bien gouverné parce qu’il ne pourrait jamais être trompé. Ainsi vit-on de tous temps ceux qui gouvernent attentifs à s’emparer des papiers publics et de tous les moyens de maîtriser l’opinion. Le sort du peuple est à plaindre, quand il est endoctriné précisément par ceux qui ont intérêt de le tromper et que ses agents, devenus ses maîtres par le fait, se constituent encore ses précepteurs. C’est à peu près comme si un homme d’affaires était chargé d’apprendre l’arithmétique à celui qui veut vérifier ses comptes » Robespierre, lettre n° 6 à ses commettants


DE l’AIJD ET D’AILLEURS

On annonce

21 septembre Journée internationale de l’ONU pour une culture de Paix. DS participera à diverses initiatives prévues.

Début octobre (date et lieu à fixer) rencontre à Paris sur le Droit à la Santé en préparation de contribution à la conférence ci-après

4 et 5 octobre à Florence Conférence sur la Prolifération Nucléaire

18 et 19 octobre à Genève, Conférence internationale de l’AIJD sur le Droit à la Santé, suivie les 30 et 31 octobre d’une réunion du Conseil de l’AIJD.

23 octobre à Paris ; forum international de l’Unesco sur le partenariat avec les la « Société Civile ».


Pas de quoi rire

A une lettre près ! Les discours du Président de la République sont musclés, ceux du Premier Ministre muselés.

Carnet mondain : On nous annonce la création du CSR dont le siège serait dans les dépendances de l’Elysée réservées aux serviteurs. Renseignements pris le CSR est le Club des Soixante-huitards Repentis.

Extraits de l’agenda présidentiel des prochaines semaines : Participer à la manif contre le service minimum : Se joindre au prochain fauchage d’OGM ;
Coucher une nuit sur un trottoir avec des SDF ; passer une nuit dans un centre de rétention
(A suivre)

Petit lexique économico-libéral
Résultat net : bénéfice
Retour sur investissement :profit
Refinancement : entrée d’un nouvel actionnaire important dans l’entreprise
Bâtir des synergie avec : s’associer avec ou vendre à
Positionnement : stratégie de la haute direction de l’entreprise ou plus souvent du groupe
Managers, Coaches : cadres d’entreprises
DRH : chef du personnel
Restructuration : licenciements
Société post-inductrielle : société idéale sa ns usines ni ouvriers, sans classes mais seulement des « couches » sociales (du verbe « coucher »)
Croissance à la française : notion complexe :. Ex 2003 : croissance globale des revenus : 0,6 % soit ( patrons du CAC 40 : + 10,38 ¨% ? salariés : - 2,5 %)